Posts Tagged ‘Péché gourmand’

Ode au petit chou, ami des jours à bout

Thursday, September 23rd, 2010

Certaines, comme Jewel ou Sonia, aiment le millefeuille. (Sauf que celui de Jewel est nettement plus comestible que celui de Sonia.)

D’autres, comme le Furet ou la Mésange, aiment les macarons.

Je n’aime pas les macarons. J’aime les choux. J’aime quand ma patisserie est décadente, pleine de crème dégoulinante, qu’elle soit glacée ou caramélisée. J’aime la modestie perverse du chou, son air de ne pas y toucher pour finalement vous vomir son fourrage sur les doigts.

Petits choux au caramel, vous me donnez des ailes

Petits choux au caramel, vous me donnez des ailes

Alors que le macaron. Bof. Peut-être est-ce parce que je n’ai jamais regardé Marie-Antoinette. Peut-être est-ce parce que la pâte d’amande me laisse froide.

Le macaron est trop ostentatoire, trop coloré, trop varié, même. Dans la vie, on a simplement besoin d’un peu de glaçage sur le haut pour faire son choix. Le chou est protéiforme : profiteroles, chouquettes, gougères, éclairs, religieuses, Paris-Brest, Saint-Honoré… Le macaron. Bah, on peut l’empiler.

En fait, bien contre mon gré, il semblerait que je reste hermétique au macaron. Il me semble qu’une patisserie ne devrait pas s’émietter au toucher et qu’un coup de langue sur les doigts doit rester toute la toilette à faire…

Douce religieuse, devenez effeuilleuse

Douce religieuse, devenez effeuilleuse

Le macaron, c’est une espèce de Smarties géants qui finit pulvérisé quand on vous le poste, comme les oeufs de Pâques, d’ailleurs. Les messieurs de Ladurée ont encore beaucoup à apprendre en matière d’emballage, alors, s’il te plait, Mère Grand, cesse de m’en envoyer.

S’il faut absolument en passer par Ladurée, j’ai vu de très jolies religieuses qui ne demandent qu’à perdre la tête et des Saint-Honorés parfaitement débauchés…

Faits à la maison, ils sont décidément très bons!

Faits à la maison, ils sont décidément très bons!

Soirée vers de mirlitons chez la Souris! Sinon, j’ai une boîte vide, si ya une acquéreuse…

Roal Dahl, le séducteur

Monday, August 9th, 2010

Quand on a réussit à faire entrer quelqu’un dans une petite case, l’on a souvent du mal à l’en faire ressortir. Comme dirait l’autre, les premières impressions, ça compte.

Par exemple, pour moi, Roald Dahl a tout d’abord été un nom sur une couverture. Roald Dahl, sur la couverture, ça voulait dire que ce serait drôle et inquiétant, légèrement transgressif et que, pourtant, tout irait bien à la fin. De Mathilda aux Sorcières, les héros passeraient par le pire mais s’en sortiraient, parce qu’après tout, ce qui importe, c’est la capacité à innover et à s’adapter en toutes situations, qu’elles soient étranges ou bêtement anodines.

Peu à peu, devant notre faim dévorante, les romans étiquetés “enfant” se firent rares. Dahl n’avait pas écrit que des histoires pour enfants, il avait également réuni des anthologies d’histoires de fantômes (redoutablement efficaces, à huit ans, j’ai lâché l’anthologie, terrifiée à la moitié de la lecture de la première nouvelle. J’ai mis dix ans à finir ce livre.) et une autobiographie en deux parties. Moi boy détaillait son enfance et Escadrille 80 racontait ses premières années de jeune actif  comme l’on dit de nos jours (huhu, je me sens d’humeur réac): représentant de grandes compagnies pétrolières en Afrique et pilote de la RAF (je blâme Dahl pour ma prédilection pour les histoires de pilotes: Kessel, Saint-Ex, Gary… Alors que bon, franchement, les avions, rien à foutre).

Et voilà. Dahl, pour moi, restait éternellement un jeune pilote réformé rapportant des sacs entiers d’oranges et de citrons à sa famille.

Bien sûr, il est mort récemment et j’avais vu les photos de son cabanon d’écriture, mais le mort n’existait pas vraiment, j’avais laissé Dahl jeune pilote.

Et bien, pour faire la transition, j’apprends que Dahl faisait le joli coeur auprès tout ce que les US comptaient de fortunées pour le renseignement britannique. Normal, en somme.

J’apprends également qu’il était beau gosse. Pics, plz, et pas ceux où, à moitié dégarni, il triture sa pipe. Chers journalistes, un effort, que diable !

Hyp hyp hyp apante !

Tuesday, February 2nd, 2010

Aujourd’hui, c’est la Chandeleur.

(N’oubliez pas que vous aimez quand, par paresse, j’écris un billet lié à une quelconque fête.)

C’est la Chandeleur, on mange des crêpes, on ne voit pas trop le rapport, mais on aime ça. Parce que les crêpes, c’est bon.

Mais la Chandeleur s’appelle aussi Hypapante et commémore la présentation de Jésus au Temple.

Hup-antaô : aller à la rencontre de (le grec, c'est beau. Mais j'ai la flemme de chercher la bonne police)

Hup-antaô : aller à la rencontre de. (Le grec, c'est beau. Mais j'ai la flemme de chercher la bonne police.)

Mais bon, comme on n’est pas obligé de céder aux diktats de nos Saintes Mères les Eglises universelles d’Orient et d’Occident, gardons en tête que c’est une fête de fertilité (pensez Celtes/Imbolc, Romains/Lupercales, Grecs/retour de Perséphone).

Moralité : ceci est un bon jour pour manger des crêpes et forniquer.

Note météo du jour (je sais, je sais, je suis fatiguante avec mon obsession des névées) : notez que, étant donné qu’il a plu aujourd’hui, la sagesse populaire annonce la fin des frimas. On ânnone tous en choeur (je suis le choriphée !) :  “A la Chandeleur, l’hiver meurt ou prend vigueur !”

Oui, au XXIème siècle, sagesse populaire = Wikipedia.

Paris-Brest

Wednesday, January 27th, 2010

J’aime les gâteaux. Surtout les choux. Le chou, ça se fait en un tour de main, ça ne ressemble à rien quand on le met au four, mais à la sortie… Rien d’étonnant, donc,  si l’un de mes gâteaux fétiches est le Paris-Brest.

Crèèèèèèèème

Crèèèèèèèème

Pour des raisons d’implantation, d’abord : on ne peut pas avoir parcouru la ligne si souvent et ne pas éprouver un certain attachement pour le gâteau.

Chou !

Chou !

Ensuite, pour des raisons de gourmandise. Qui peut résister à tant de grâce patissière, tant de crème et de pâte à choux ?

Pralinez-moi ça !

Pralinez-moi ça !

Et enfin, pour des raisons de rareté. Des Paris-Brest, ça ne se trouve pas sous le sabot d’un cheval et en général, ce n’est pas une grande réussite. Le Paris-Brest est subtil : la crème doit être pralinée et légère, sans tomber dans le gras-sucré. Le chou doit être moelleux, et, idéalement, coiffé d’amandes croquantes.

Le Figaro – que je ne lis quasiment plus que pour ses pages gastronomiques et ses commentateurs extrémistes tant on s’y ennuie – vient de publier un test des meilleurs Paris-Brest de Paris (la presse française est un tantinet parisianiste). Je vous recommande cette série de tests, elle vaut la peine d’être lue : les tests sont faits en aveugle, selon des critères clairement identifiés et le résultat est toujours très intéressant.

Pour faire un choix, découvrir un endroit que l’on ne connaissait pas, c’est efficace (c’est ainsi que j’avais trouvé la galette au chocolat et elle était nettement moins chère que celle du boulanger du coin de la rue – sans parler du fait qu’elle lui était bien supérieure). Le problème, c’est qu’après, je rêve de patisseries, de restaurants, je frémis à les imaginer, j’en salive, j’en rêve, j’en bave…

Puis, je renifle l’odeur de purée de La-Ville-au-Nord.