L’un des mes petits bonheurs est, bizarrement, mon mouvement pendulaire entre La-Ville-au-Nord et Paris, ce sont les trains. L’heure de train pour aller de l’une à l’autre, c’est mon somme du matin, mon magazine du soir, ma rêverie qui traînasse, mon bouquin qui s’étire…
Bien sur, parfois, c’est l’heure coincée à côté d’un déficient de l’anti-poireaux, d’un mal-embouché expansif ou d’une accroc des bagages, si bien encastrée entre ses trois fourre-tout et sa valise que l’on reportera tout besoin pressant. Mais en général, c’est une pause. Un peu hors du temps, et parfois, elle l’est tellement que l’heure s’allonge insensiblement.
Ou elle s’allonge excessivement. Et la SNCF, en la personne du chef de train, multiplie les annonces lénifiantes à des clients qui récriminent avec une vigueur dont on les aurait pas cru capables plus tôt.
Avec le mauvais temps des dernières semaines, les trains ont ralenti, pour le plus grand retard des professeurs. Quand on vient enseigner dans la Grande Ecole, on ne prend pas un train trop matinal. Et on ne marche dans la neige (le sel, ça abime les Berluttis). On reste échoué à la gare, à attendre un hypothétique taxi. Et on laisse les étudiants attendre un hypothétique expert.
