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Comment garder son mari

Monday, May 23rd, 2011

Comme je me suis récemment mariée, ma grand-mère – celle qui fait des madeleines – a décidé de me donner un mouchoir qu’elle tient de mon arrière-grand-mère. Il s’agit d’un de ces mouchoirs à imprimé humoristique qui étaient en vogue à l’époque (ah, c’était le temps où la cellulose ne touchait pas encore nos nasaux ! ) et que ma bisaïeule gardait et regardait pour en rire.

Comment garder son mari

Comment garder son mari

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Je pourrais disputer le bien fondé des affirmations ci-dessus, ce serait facile, c’est tellement années 50. Jouons plutôt au jeu : suis-je une parfaite petite épouse ?

A faire :

  • Embrassez-le souvent. Là, tout va bien, je passe haut la main !
  • S’il aime la musique soyez musicienne ! Littéralement : oui, j’aime le métal (le Hibou aime le métal). Figurativement : suis-je obligée de me passionner soudainement pour la programmation ? Je crains qu’il ne trouve celà peu naturel, après toutes ces années d’onomatopées approbatives. Dans une autre vie, j’étais Socrate : je maîtrise le “oui, bien sûr”, “celà est vrai” et le “tout à fait”.
  • Mettez votre photographie sur son bureau. Ses écrans prennent beaucoup de place, je pourrai essayer de mettre ma photo en fond d’écran ?
  • Laissez-le lire son journal en paix. Alors, là, on me demande de ne pas passer mon temps à piapiater, c’est ça ? Eh bien, sachez que je fais des efforts.
  • S’il est fatigué, servez-lui sa boisson favorite. Les sodas, c’est mauvais pour la santé. L’alcool aussi (de toutes façons) (compris, femme des années cinquante ? Range cette bière !). Voilà. Mais je veux bien masser les pieds. de temps en temps, en tous cas.
  • Montrez-lui que vous l’aimez. D’après le pope, ça veut dire l’accompagner à la cuisine pour lui parler quand il me fait à manger. Can do. (Faut bien vérifier qu’il fait ce qui me plait.)
  • Ayez toujours l’air innocent. A travailler. J’ai toujours un peu un air de chat ayant mangé le canari lorsque j’essaie de cacher quelque chose.
  • Attention à votre poids. Ben voyons.

A ne pas faire :

  • Ne lisez pas son courrier. Pas de problème, je ne le fais pas. Par contre, j’ai du l’éduquer à ne pas ouvrir les enveloppes qui m’étaient adressées. Ce n’est pas parce que son nom y est aussi qu’il faut ouvrir. Je n’y peux rien s’il n’y a que son nom sur la boîte aux lettres et qu’il faut donc indiquer que je loge chez lui.
  • Ne vous mettez jamais en colère. Mouais. Il parait. Mais tout de même, s’il lit mon courrier, j’ai bien le droit d’exprimer vigoureusement mon désaccord, non ?
  • Pas de commérages au téléphone. Et ma joie de vivre, hein ? On y pense, à ma joie de vivre ?
  • Ne soyez pas jalouse ! Mouais, enfin, dans les limites de l’acceptable, tout de même.
  • Ne boudez pas ! Bouder ou se mettre en colère, il faut choisir ! Ah non, il ne faut faire ni l’un ni l’autre. Comment vais-je m’en sortir ? On n’a donc le droit de ne rien faire ?
  • Ne vous parfumez pas trop. Bien des gens pourraient apprendre de ce précepte plein de sagesse : je pense à toi, ô femme trop pomponnée du métro dont les effluves me donnent le tournis et à toi, M. Métro-boulot-dodo, dont la routine quotidienne n’inclut pas de douche.
  • Ne prenez pas un air supérieur. Mouais. Et si je suis supérieure parce que j’avais raison depuis le début, hein ? (Lire le courrier des autres, ça ne se fait pas !)
  • Ne donnez jamais l’impression que vous n’avez rien à faire. Un peu comme si on était au bureau en somme ? Mais si je n’ai pas le droit de me mettre à bouder, de me mettre en colère, de prendre un air supérieur, de commérer ou d’être jalouse, que me reste-t-il à faire ? Le mé-quoi ? Je n’entends pas, pouvez-vous répéter ?

Bref, s’il fallait compter les bons et les mauvais points, l’on pourrait en conclure que, selon ce mouchoir, je vais totalement échouer à garder mon mari.

Respectons-en donc plutôt  l’esprit que la lettre (essayer d’être globalement gentille et facile à vivre ?). Je vais imiter ma bisaïeule : sortir le mouchoir de ma poche quand j’ai envie de tordre le cou à mon Hibou de mari.

Parce que les chaussettes, ça va dans le bac à linge sale, ça ne vit pas sa vie par terre au pied du lit. Même si la chaussette est affecteuse et décorative, elle va dans le bac à linge sale.