Posts Tagged ‘Gnnnnni’

Je ne suis pas le gardien de mon frère (3)

Tuesday, April 5th, 2011

Mais quand à la femme de ménage, un doute m’envahit.

Car, debout dans le corridor, les pieds dans mes souliers nouvellement étrennés et baptisés du sang des Infidèles, je m’aperçois que le sympathique tapis gris clair de Shovel n’est que son lino… et que le sol sombre autour est en fait une épaisse couche de poussière, de moutons et de cheveux, qui ondule en lui créant une étrave alors qu’il se glisse récupérer ses chaussures dans sa chambre.

Consternation. Faut-il prendre la pleine mesure de la catastrophe et entrer dans la salle de bains ? J’ai le coeur fermement accroché, j’entre.

Craddle of Filth. Littéralement.

Craddle of Filth. Littéralement.

Lecteur, toi et moi, nous sommes rassurés, pas de cadavre démembré dans la baignoire. Cependant, vu l’épaisseur de crasse noire qui la tartine, c’est à se demander s’il n’y a pas plutôt ouvert une raffinerie de pétrole…

Lecteur, je t’épargne la comparaison que ses toilettes m’inspirèrent, mais sache que c’est là que je décida que ça ne pouvait plus durer. Dans 96 heures précisément (à 3 heures près, je suis honnête), je viendrais sauver ce qui pourrait l’être.

Ce fut le passage d’aspirateur le plus jouissif de ma vie.

Je réussis à lui faire bazarder la pile de 24 Tetrapack de jus de pommes, couronnés de 15 boîtes de pizzas et de deux boîtes de cookies. J’eus la peau de la vingtaine de bouteilles vides d’Orangina et de Coca.

Par contre, la pyramide de rouleaux vides de papier-toilette resta en place.

Vous voulez savoir pourquoi le resto local était un maigre appât ? Il ne se nourrissait que d’indiens, de chinois et d’italiens. La crasse accumulée dans son évier faisait douter de la couleur des assiettes. Mais j’ai vaincu.

Je ne suis pas le gardien de mon frère (2)

Monday, April 4th, 2011

Et ne serais certainement pas sa femme de ménage.

Enfin, pour savoir ce qui se cache derrière cette porte, encore eut-il fallut que j’entre. Ce qui n’est donc pas le cas : nous discutons le bout de gras sur le palier, entre les portes des voisins et la minuterie électronique. Shovel, enfant méfiant car longtemps soumis à une tyrannie fraternelle, mais surtout sororale, n’hésite pas à fermer à double tour sa porte pour discutailler en chaussettes dans le couloir.

Ma curiosité est donc exacerbée – normal ! et je fais appel à un stratagème retors pour endormir les soupsons de ma proie : je lui propose de lui payer à dîner. L’animal se fait prier, mais se laisse convaincre, entrebaille sa porte et se glisse dans l’intervalle. Las, pas de répit, je saute sur l’occasion et le frangin ! Qui se défend, la sale bête !

Voilà qu’il me repousse, me bouscule : je perds mon appui et me vois glisser lentement vers le couloir (c’est le moment de regretter d’avoir mis des chaussures neuves par vanité). Je donne un grand coup d’épaule, un coup de talon (alleluia ! heureusement que par combativité, j’ai choisi de hauts talons). Il m’attrape par le coup et m’étrangle, je le mords et lui flanque un coup de coude.

La pelle du silence fraternel.

La pelle du silence fraternel.

Bref, abrégeons cette scène d’une violence insoutenable.

L’essentiel est que j’ai vaincu et que je suis entrée triomphante dans le corridor, le temps qu’il récupère ses chaussures (oui, seulement le corridor, car la lutte a été rude et j’aurai mal résisté à un deuxième round).

La suite au prochain épisode !

Je ne suis pas le gardien de mon frère (1)

Tuesday, March 1st, 2011

… Et je ne devrais pas être sa femme de ménage non plus.

Hélas, les nécessités de l’existence étant ce qu’elles sont (dures), il serait bon de pouvoir récupérer la caution du studio de Shovel, mon frère, la Pelle.

Mon frère, la Pelle.

Hélas, trois fois hélas, ce studio est donc habité par mon frère, la Pelle. (Vous avez l’impression que je me répète, que je ne fais pas sens ? Au contraire, j’essaie de vous faire percevoir, ô lecteur, la funeste destinée du studio hanté par Shovel.)

Et de pelle, il fut question quand je l’aida à déblayer l’endroit.

Mais je vais trop vite, je ne prends pas le temps de conter les choses par le menu (en vrai, je tente une prétérition et j’ai des relents d’Illiade qui traînent, mais vous n’êtes pas obligés de saluer la performance).

Depuis bientôt un mois, Shovel ne donnait que sparodiquement de ses nouvelles. Un premier téléphone ayant été diagnostiqué agonisant, il lui en fut donné un second, dans l’espoir qu’il décroche l’appareil, au moins une fois par semaine, que ses illustres ascendants sachent s’il était mort ou vivant.

Et donc,  au bout de trois semaines de possession silencieuse du nouvel engin et pas un appel/message/sms/email,  je fus mandatée pour aller voir ce qui se tramait.

J’allai.

Je me faufile dans la résidence étudiante derrière le livreur de pizza – oui, Shovel est toujours à l’Ecole d’Informatique, je prends l’ascenseur, vérifie au passage l’état de la boîte aux lettres – vide, c’est bon signe.

A sa porte, je frappe. Silence de mort. Mais on ne me la fait pas, moi aussi j’ai été une étudiante asociale et terrée dans son studio pendant des phases de prostration plus ou moins longues.

Je re-frappe donc. Je tambourine.

Il ouvre.

Il entrouvre, se glisse sur le palier et verrouille la porte derrière lui. Et, le petit chacal est propre sur lui, le poil lisse et brillant, mal rasé, mais avec des chaussettes assorties (en même temps, c’est normal, étant donné que Madame Mère a soigneusement appairé ses chaussettes lors de la dernière lessive, il y a trois semaines).

Mais pourquoi fermer la porte ? Que cache-t-il derrière lui ? Une copine, un copain, une maîtresse, un amant, une poupée gonflable, un cadavre démembré dans la baignoire, des corps dans des sacs poubelles ?

La suite au prochaine épisode…

Un bonbon dans la ville

Sunday, October 31st, 2010

Je pense avoir une excellente excuse pour parler bonbons, puisque, ce soir, c’est Hallowe’en.

C'est Hallowe'enesque à souhait, non?

C'est Hallowe'enesque à souhait, non?

Ya-un-distributeur-gratuit-de-mini-sucettes-dans-un-abribus-à-côté-de-chez-moi-c’est-trop-cool.

Voilà.

La chose est donc greffée sur un abribus, ce qui est tombait fort bien : je venais de rater mon bus et j’en avais pour 8 minutes d’attente. Le bonbon développe la patience.

Je suis un artiste. Les reflets sont volontaires.

Je suis un artiste. Les reflets sont volontaires.

Au verso de l’affiche, une autre affiche nous informe de la présence du distributeur et nous conseille un machin bizarre avec iPhone pour avoir davantage d’informations. J’ai pas d’iPhone.

Artistiques, les reflets. Poétique, je suis.

Artistiques, les reflets. Poétique, je suis.

J’aurai bien voulu avoir davantage d’info, pourtant, parce que je me posais quelques questions : était-ce bien un distributeur gratuit mis en place par Chupa Chups ? Ce numéro de portable à appeler pour faire tomber la sucette était-il safe ? L’abribus en question étant à proximité d’un grand parc ensoleillé, était-ce un plan machiavélique de pédophile pour aborder des petits n’enfants ?

J’ai donc fait un peu fait la grimace devant le distributeur, puis je me suis décidée à téléphoner pour faire tomber la sucette. Et bim, la sucette est tombée. Et gloups, je l’ai mangée.

C'est une mini Chupa Chups. Au cola.

C'est une mini Chupa Chups. Au cola.

A priori, ce sont bien des mini Chupa Chups tout ce qu’il y a de plus normal et non une arnaque complexe et bizarre. Elles résulteraient apparemment d’un désir louable de faire une sucette adaptée aux petits (ceux-ci auraient tendance à ne pas finir les Chupa Chups normales, trop grandes, et à ensuite coller leurs mains poisseuses partout). Soit.

La pub existerait aussi avec Action Man (le plus grand de tous les héros) et je crois que j’aurai préféré ça à Barbie. Le décalage comique est plus important avec Action Man. Avec Barbie, j’ai la triste impression de me trouver face à un bête cliché d’allumeuse sexy à peine nubile, d’autant que le distributeur, rose et phallique, n’arrangeait pas les choses.

A mon avis, Chupa Chups aurait eu intérêt à travailler davantage le choix du “jouet fille” pour éviter de le charger de connotations sexuelles (ou mieux, choisir des jouets “non gendered“). Le bonbon est peut-être destiné aux petits, mais le tout amusera davantage les plus grands.

Sinon, j’ai bien aimé, hein.

Miscellanée : En 1969, Dali a dessiné le logo en marguerite de Chupa Chups.

Le Hibou, le supermarché et les coquillettes

Monday, October 25th, 2010

Comme je ne manque jamais de le rappeler, je mène une vie ultra-glamour. Parmi mes activités préférées, il y a “se rendre au supermarché faire les courses de la semaine, parce que sinon on va se laisser mourir de faim tous les soirs”.

Donc, comme le Hibou et moi aimons les activités de couple, nous nous rendons avec enthousiasme et liste de courses (deux amis inséparables) au supermarché du coin.

Comme la liste de courses, c’est seulement dans ma tête (et de façon toute transitoire), nous errons dans les rayons (ça rime !). En haillons.

Comme nous aimons partager, nous commentons à voix haute.

Scène 1.

Devant le rayon de sauces empotées. Car nous avons la cuisine paresseuse.

Le Hibou remarque :

- Mais si on prend de la sauce bolognaise, il faut prendre des pâtes aussi.

- On a déjà des pâtes, c’est pas la peine.

- Mais il n’y en aura plus. Donc il faut en reprendre.

- Certes.

Scène 2.

Devant le rayons de nouilles. Car nous avons des goûts simples.

Le Hibou réfléchit :

- Il faut des coquillettes. Parce qu’il y a déjà des coquillettes dans le bocal*.

- OK. [ton las]

- Mais il faut que ce soit des coquillettes de la même taille que les autres.

- OK. [air de martyr]

- Parce que je ne supporterai pas d’avoir des coquillettes de tailles différentes dans un seul bocal **.

- …

Le Hibou attrape un paquet candidat. Correspondra-t-il aux critères draconien de taille de coquillettes ?

Scène 3.

Les mêmes, dans un abîme de perplexité face au paquet de coquillettes, dans l’allée du supermarchés. Car nous avons le sens du spectacle.

Un inconnu :

- Bonsoir.

Echange de regards consternés et sidérés : qui est ce type ? Nous a-t-il entendu débattre de coquillettes ? Va-t-il nous suivre jusque chez nous en voulant devenir notre ami ? Devons-nous le mordre pour nous défendre ? Le frapper avec le paquet de coquillettes ?

- Nan, mais je dis bonsoir parce qu’on est voisin de palier. Alors, depuis deux ans, je vous reconnais, hein, puisqu’on est voisin. Donc bonsoir, voilà, bonnes courses…

En choeur, rassurés :

- Bonsoir !

C’est le problème du supermarché du coin et des coquillettes. Impossible de savoir ce qu’il y a en réserve.

Et c’est la fête de l’italique, ce soir.

* Oui, les coquillettes et tous les autres machins granuleux sont rangés dans des bocaux chez nous. C’est parce que nous avons peur du Retour de la Vengeance des Mites Alimentaires de l’Espace.

Idéalement, nos étagères devraient ressembler à ça.

Idéalement, nos étagères devraient ressembler à ça.

** Déjà qu’il a du mal à supporter le fait qu’un des bocaux soit différent (il faut le cacher au fond de l’étagère). Alors des centaines de coquillettes qui ne font pas la même taille que des centaines d’autres coquillettes ! D’ailleurs, combien y a-t-il de coquillettes dans un paquet ? Quelqu’un a une idée du poids d’une coquillette ?

(Space) Invaders

Thursday, June 24th, 2010

La semaine dernière, le Hibou et moi avons passé peu de temps à la maison à cause de déplacements professionnels. Du coup, ce fut une semaine sans visite à la cuisine (que nous avons fort jolie).

La cuisine, vexée d’être délaissée, s’est trouvé d’autres admirateurs. En l’occurence, des admiratrices qui arrivaient en procession, se prosternaient devant le pot de miel et repartaient pleines de révérence.

C’est-à-dire que les fourmis passaient par la porte-fenêtre de la pièce à vivre, traversaient celle-ci, entraient dans la cuisine, se chargeaient de nourriture et repartaient par le même chemin.

Rien que de chercher cette photo, javais la bouteille deau de Javel qui me démangeait.

Rien que de chercher cette photo, j'avais la bouteille d'eau de Javel qui me démangeait.

Joie, bonheur, allégresse.

Quand, j’ai vu cela, mon sang n’a fait qu’un tour et je me suis trouvée dans la position peu enviable de l’horrible dictateur ordonnant des génocides (sauf qu’ici, c’est : j’ordonne et j’exécute). J’ai donc sortie ma plus belle grimace de sadique à la petite semaine et ma bouteille d’eau de Javel et j’ai noyé les fourmis. Dans l’eau de Javel. Avec force “gnnn”, “rahhh”, “couic” et autres onomatopées (j’ai le verbe facile). J’ai bouché les aérations de la porte-fenêtre avec du coton imbibé d’eau de Javel. J’ai pshité de la bombe “anti-rampant” (vu la réaction de l’araignée, c’est super efficace). J’ai pourchassé les survivantes. Je les ai tuées à la cuillère.

Je suis Hitler, se redressant au-dessus des cadavres sauvagement écrasés des fourmis (ça a la vie dure, ces petites bêtes) (ouais, ras le bol des requêtes porno, j’ai envie d’accumuler du point Godwin).

Rien à voir, mais comme c’est fou et bizarre comme info : le Flamant Rose n’a découvert ce qu’étaient les Space Invaders parisiens que lundi.