Mais quand à la femme de ménage, un doute m’envahit.
Car, debout dans le corridor, les pieds dans mes souliers nouvellement étrennés et baptisés du sang des Infidèles, je m’aperçois que le sympathique tapis gris clair de Shovel n’est que son lino… et que le sol sombre autour est en fait une épaisse couche de poussière, de moutons et de cheveux, qui ondule en lui créant une étrave alors qu’il se glisse récupérer ses chaussures dans sa chambre.
Consternation. Faut-il prendre la pleine mesure de la catastrophe et entrer dans la salle de bains ? J’ai le coeur fermement accroché, j’entre.
Lecteur, toi et moi, nous sommes rassurés, pas de cadavre démembré dans la baignoire. Cependant, vu l’épaisseur de crasse noire qui la tartine, c’est à se demander s’il n’y a pas plutôt ouvert une raffinerie de pétrole…
Lecteur, je t’épargne la comparaison que ses toilettes m’inspirèrent, mais sache que c’est là que je décida que ça ne pouvait plus durer. Dans 96 heures précisément (à 3 heures près, je suis honnête), je viendrais sauver ce qui pourrait l’être.
Ce fut le passage d’aspirateur le plus jouissif de ma vie.
Je réussis à lui faire bazarder la pile de 24 Tetrapack de jus de pommes, couronnés de 15 boîtes de pizzas et de deux boîtes de cookies. J’eus la peau de la vingtaine de bouteilles vides d’Orangina et de Coca.
Par contre, la pyramide de rouleaux vides de papier-toilette resta en place.
Vous voulez savoir pourquoi le resto local était un maigre appât ? Il ne se nourrissait que d’indiens, de chinois et d’italiens. La crasse accumulée dans son évier faisait douter de la couleur des assiettes. Mais j’ai vaincu.









