Comme je me suis récemment mariée, ma grand-mère – celle qui fait des madeleines – a décidé de me donner un mouchoir qu’elle tient de mon arrière-grand-mère. Il s’agit d’un de ces mouchoirs à imprimé humoristique qui étaient en vogue à l’époque (ah, c’était le temps où la cellulose ne touchait pas encore nos nasaux ! ) et que ma bisaïeule gardait et regardait pour en rire.

Comment garder son mari
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Je pourrais disputer le bien fondé des affirmations ci-dessus, ce serait facile, c’est tellement années 50. Jouons plutôt au jeu : suis-je une parfaite petite épouse ?
A faire :
- Embrassez-le souvent. Là, tout va bien, je passe haut la main !
- S’il aime la musique soyez musicienne ! Littéralement : oui, j’aime le métal (le Hibou aime le métal). Figurativement : suis-je obligée de me passionner soudainement pour la programmation ? Je crains qu’il ne trouve celà peu naturel, après toutes ces années d’onomatopées approbatives. Dans une autre vie, j’étais Socrate : je maîtrise le “oui, bien sûr”, “celà est vrai” et le “tout à fait”.
- Mettez votre photographie sur son bureau. Ses écrans prennent beaucoup de place, je pourrai essayer de mettre ma photo en fond d’écran ?
- Laissez-le lire son journal en paix. Alors, là, on me demande de ne pas passer mon temps à piapiater, c’est ça ? Eh bien, sachez que je fais des efforts.
- S’il est fatigué, servez-lui sa boisson favorite. Les sodas, c’est mauvais pour la santé. L’alcool aussi (de toutes façons) (compris, femme des années cinquante ? Range cette bière !). Voilà. Mais je veux bien masser les pieds. de temps en temps, en tous cas.
- Montrez-lui que vous l’aimez. D’après le pope, ça veut dire l’accompagner à la cuisine pour lui parler quand il me fait à manger. Can do. (Faut bien vérifier qu’il fait ce qui me plait.)
- Ayez toujours l’air innocent. A travailler. J’ai toujours un peu un air de chat ayant mangé le canari lorsque j’essaie de cacher quelque chose.
- Attention à votre poids. Ben voyons.
A ne pas faire :
- Ne lisez pas son courrier. Pas de problème, je ne le fais pas. Par contre, j’ai du l’éduquer à ne pas ouvrir les enveloppes qui m’étaient adressées. Ce n’est pas parce que son nom y est aussi qu’il faut ouvrir. Je n’y peux rien s’il n’y a que son nom sur la boîte aux lettres et qu’il faut donc indiquer que je loge chez lui.
- Ne vous mettez jamais en colère. Mouais. Il parait. Mais tout de même, s’il lit mon courrier, j’ai bien le droit d’exprimer vigoureusement mon désaccord, non ?
- Pas de commérages au téléphone. Et ma joie de vivre, hein ? On y pense, à ma joie de vivre ?
- Ne soyez pas jalouse ! Mouais, enfin, dans les limites de l’acceptable, tout de même.
- Ne boudez pas ! Bouder ou se mettre en colère, il faut choisir ! Ah non, il ne faut faire ni l’un ni l’autre. Comment vais-je m’en sortir ? On n’a donc le droit de ne rien faire ?
- Ne vous parfumez pas trop. Bien des gens pourraient apprendre de ce précepte plein de sagesse : je pense à toi, ô femme trop pomponnée du métro dont les effluves me donnent le tournis et à toi, M. Métro-boulot-dodo, dont la routine quotidienne n’inclut pas de douche.
- Ne prenez pas un air supérieur. Mouais. Et si je suis supérieure parce que j’avais raison depuis le début, hein ? (Lire le courrier des autres, ça ne se fait pas !)
- Ne donnez jamais l’impression que vous n’avez rien à faire. Un peu comme si on était au bureau en somme ? Mais si je n’ai pas le droit de me mettre à bouder, de me mettre en colère, de prendre un air supérieur, de commérer ou d’être jalouse, que me reste-t-il à faire ? Le mé-quoi ? Je n’entends pas, pouvez-vous répéter ?
Bref, s’il fallait compter les bons et les mauvais points, l’on pourrait en conclure que, selon ce mouchoir, je vais totalement échouer à garder mon mari.
Respectons-en donc plutôt l’esprit que la lettre (essayer d’être globalement gentille et facile à vivre ?). Je vais imiter ma bisaïeule : sortir le mouchoir de ma poche quand j’ai envie de tordre le cou à mon Hibou de mari.
Parce que les chaussettes, ça va dans le bac à linge sale, ça ne vit pas sa vie par terre au pied du lit. Même si la chaussette est affecteuse et décorative, elle va dans le bac à linge sale.
Tags: Ceci n'est pas un billet - c'est une énumération, Féminisme, Il est interdit d'interdire, Le Hibou, Mère-Grand, Ni gardien ni femme de ménage !
Très bon article. J’ai ris aux larmes. Je crois que ce sont les lignes sur les chaussettes qui m’ont achevées.
Ta grand-mère a un sens de l’humour génial
Je serais curieuse de voir une version “comment garder son épouse”
J’imagine que cela dit des choses du genre : demandez régulièrement son opinion sur les choses du foyer, offrez lui des fleurs, laissez la arranger son intérieur à sa façon… Les femmes se tournent plus facilement en dérision que les hommes (meilleur sens de l’humour, tout ça…)
Je plussoie l’écureuil. C’était très drôle^^.
Moi aussi, je plussoie. J’ai bien rigolé en lisant l’article. Ta grand-mère a été bien inspirée de t’offrir ce mouchoir.
Là où je rigole moins par contre, c’est qu’on retrouve quasiment les mêmes conseils dans les magasines féminins d’aujourd’hui, et donnés sérieusement. C’est triste de voir que les chose n’ont pas forcément évoluées.
Nan, je te crois pas, on donne encore ce genre de conseils ? Dans quel magasine ? Je veux dire… comme le dit la souris, c’est quand même très années 50…
Bon, ok, j’ai peut-être un peu exagéré, on ne retrouve pas forcément les mêmes conseils à la lettre, mais le côté “pomponnez-vous mais pas trop, prenez soin de lui et ne faites pas la chieuse”, si.
Mais je reconnais aussi qu’on trouve les conseils totalement opposés (soit “laissez l’homme macérer, et bientôt il viendra ramper à vos pieds”).
Enfin, c’est l’impression que ça me donne.
D’un autre côté, ça fait bien longtemps que je ne lis plus ce genre de trucs, et les rares fois ou ça m’arrive, c’est quand je tombe sur certains magazines de maman, en chinois, et où, j’avoue, je ne suis pas forcément à même de comprendre toutes les subtilités.
Carrément exagéré !
Va voir le dernier article de sexactu, il cadre bien (plus angle sexisme latent).
Tous ces conseils ne valent-ils pas aussi bien pour les hommes ?
A titre d’exemple, je prendrais toujours garde à sembler tout à fait innocent ou à remplir le verre de ma chère et tendre si elle est fatiguée (une chance qu’elle apprécie les infusions).
A contrario, le mari qui ouvre votre courrier (sic), ne surveille pas son poids, se parfume en Jean-Paul Gautier et vous regarde d’un air supérieur plairait-il autant à son épouse ? Parce que si oui, le mariage se mariage se présente sous un tout nouvel angle !