Ce que j’aime chez le Hibou, c’est sa capacité à découvrir le monde, son innocence, sa naïveté, sa façon d’aborder les problèmes avec un oeil neuf…
Par exemple, il essaye depuis un moment de re-créer la sauce tomate de sa Môman. Et ça ne marche pas. Il est très frustré, ça se comprend.
Hier soir donc, il espérait compléter les boulettes de viande aux petits pois d’un peu de sauce tomate (ça flatte son sens de l’esthétique, tout ce vert et ce rouge). Hélas, trois fois hélas, la “sauce” est un peu clarette et a coulé sous les petits pois. Elle baigne avec bonté le fond du plat, mais c’est bien tout ce qu’elle fait. D’ailleurs, elle est un peu acidulée, comme une tomate crue.
Le Hibou m’explique la difficulté de la sauce tomate : “tu sais, c’est pas facile de presser la tomate, je la coupe en morceaux, pis je presse dans une petite passoire au-dessus d’un verre et pis après, je verse sur les petits pois…”
Donc, en gros, pour ceux au fond qui ne suivent pas ou qui, comme le Hibou, ont des capacités de raisonnement culinaire limitées, une sauce n’est pas la même chose qu’un jus. La sauce est une préparation culinaire, certes liquide, mais surtout préparation ! Le jus peut y entrer mais n’en est pas l’unique ingrédient. D’ailleurs, s’il n’y a qu’un ingrédient, ce n’est pas vraiment une sauce (le jus d’un rôti vient du mélange du sang, du beurre et de la graisse de la viande, capice ?).
Dans sa grande innocence, le Hibou versait donc du jus de tomate sur nos petits pois (en y ajoutant un peu de concentré de tomate pour essayer d’épaissir) et se demandait pourquoi ça n’avait pas le même goût.
C’est simple, mon petit Hibou, dans la sauce tomate, les tomates sont cuites (comme des carottes). Avec d’autres trucs. Et on garde la chair des tomates. Pour épaissir.
Allez, soyons fous, je te montre ça demain. Et un jour, on passera au niveau supérieur, faire un roux.
Ouais, je sais cuisiner, mais faire la soupe tous les jours, ça m’esclave. Manger, c’est pour les faibles.


