Comme je n’ai pas Internet, dans mon petit terrier de La-Ville-au-Nord, je passe autant de temps que possible à la Grande Ecole pour alimenter mon addiction.
(Ceci ne sera pas le billet où j’avouerai ma radinerie congénitale qui m’empêche de payer un abonnement.)
Le corollaire de ce premier paragraphe implique que je rentre tard chez moi. En ces mois d’hiver, cela signifie que la nuit est tombée depuis longtemps mais que la pluie continue de le faire.
Je rentre donc, guillerette, dégoulinante et trottinante, mes excessives affaires sous le bras, saluant, de loin, les étudiants fêtards. Quand, soudain…
(Je ménage mes effets.)
Du four d’un porche, une voix m’appelle…
(Dudududuuumm)
Comme je suis d’un naturel serviable et naïf, je sursaute et m’apprête à partir en courant, mais la voix m’interrompt :
“Mademoiselle ! [j'aime bien quand on m'appelle comme ça, je me sens jeune. En même temps, Madame est plus respectueux. Et j'ai décidé de me faire appeler Madame. Mais Tout le Monde, ce traître, m'appellant toujours Madame, je suis donc devenue très sensible à Mademoiselle.] Je suis coincé dans la cour, pouvez-vous demander de l’aide à l’interphone ?”
Là, comme je suis une fille accomodante (bien qu’un peu crédule), au lieu de l’abandonner en ricanant, je cherche l’interphone, que je trouve – malgré ses explications très confuses – et transmets, solennelle :
“Bonsoir, votre frère est coincé dans la cour, il voudrait que vous l’aidiez.”
Et là, comme Prudence est mère de Sureté (Pauvres femmes, quels prénoms débiles), je pars sans demander mon reste.
Oui, c’est une non-histoire. Comment ça, vous n’aimez pas les histoires qui n’ont pas de chute ? Allez, mais c’est bien pour vous faire plaisir:
Il était une fois une reine si petite, si petite, que l’histoire est déjà finite [sic].
Contents, maintenant ?

