Quand je pars pour La-Ville-au-Nord, en général, c’est pour une bonne partie de la semaine. J’apporte donc avec moi une valisette qui contient le nécessaire pour survivre.
Je me réveille à 6h10, m’habille, tout ça, arrive à la gare, prend le train de 6h58.
Je vérifie si j’ai bien ma tête : carte de train, ordinateur, pilule, clefs de Paris, clefs de La-Ville-au-No – clefs de La-Ville-au-Nord ? Houhou ?
Rien.
Ha.
C’est malin, aussi, de vérifier si l’on a bien tout quand le train est déjà parti.
Je fouille mes poches, mon sac à main, ma valise. Rien. Les clefs sont restées à Paris, dans la poche de mon jean. Je m’acharne. Puis abandonne. Puis re-fouille. Toujours rien.
Bon bon bon.
Ben faudra rentrer à Paris après les cours, c’est tout.
Je vais donc à la Grande Ecole, ma valise derrière.
J’assiste aux cours. Ma valise derrière.
Je pars pour la gare, ma valise derrière.
- Oh la la, comment tu te la pètes, à partir le mardi ! [Oui, l'étudiant de la Grande Ecole est subtil.]
- Ouais, en fait, j’ai oublié mes clefs… Alors, je rentre.
- Avec ta valise ? Tu veux pas la laisser chez moi ? [Il est serviable, aussi !]
- Nan, mais j’ai tout oublié ce matin, comme ça, je complèterai mon sac…
- Okay, mais tu pouvais laisser chez moi si tu voulais ! [Commentaires de ses potes : "Rahh, Bébert, tu ferais n'importe quoi pour inviter des gens chez toi !" N'en déduisez rien de scabreux, Bébert, solidement en couple, a la sociabilité très liante, voire collante.]
- J’ai compris, mais j’ai oublié des tas de trucs alors je rapporte tout. Regarde, c’est tout léger !
L’aurait plus manqué que Bébert, peinard en ses pénates, ouvre mon baise-en-ville et y trouve ma collection de sex-toys.
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