Dans La-Ville-au-Nord flotte un parfum persistant. Un peu doucereux, un peu collant et surtout très alimentaire.
En un mot comme en cent, La-Ville-au-Nord sent la purée.
Il y a des endroits où l’odeur est plus prononcée, comme dans le métro ou autour de la Grande Ecole. Parfois, ça ne sent rien du tout – sauf l’air frais – pendant des mois. Et tout d’un coup, ça revient (pas exclusivement pendant l’hiver d’ailleurs).
Et à chaque fois, je me sens partagée entre l’envie de baffrer une platée de purée et celle de me boucher le nez, parce que mon estomac va abdiquer, là, tout de suite, maintenant, et se déverser sur mes chaussures. (Quand on sait le soin que j’en prend, on comprend mon apnée.)
La-Ville-au-Nord n’est pas la seule à me faire le coup de la purée. A Marseille aussi, il me semblait renifler un relent de saucisson dans le métro (l’odeur était moins forte). La Lionne en sentait (du saucisson) dans le métro de Pékin. Et mon père, dans sa voiture, hurle que ça sent l’urine de félin domestique*.
Alors quoi ? Sommes nous tous atteints de cacosmie ?
Trouble de l’odorat qui amène les patients à aimer ou percevoir des odeurs fétides, putrides ou réputées désagréables.
Merci, Wikipedia.
On lâche l’affaire, ça doit pas être ça. L’hypochondrie, ça ne me ressemble pas trop. Et il n’y a que dans La-Ville-au-Nord que l’odeur de purée m’écoeure. Ailleurs, j’ai juste faim. Peut-être est-ce une de ces histoires de relativité : il y a des gens chez qui ça sent juste mauvais. Comme dans Fondation, tenez ! Quand les héros (chais plus lesquels, c’était ya longtemps) débarquent sur une nouvelle planète, elle pue.
Ben, La-Ville-au-Nord, elle me fait le même effet. C’est le choc planétaire permanent. Et ça fait 3 ans que ça dure.
*Dans son cas, c’est parce que le chat s’était, par vengeance, soulagé dans les grilles d’aération. Le paternel appréciant le chauffage, le parfum s’est un peu diffusé.
