Archive for January, 2010

Macérations

Friday, January 29th, 2010

J’aime bien acheter des choses (je suis une fille très matérialiste) (c’est la faute à la société). Mais je n’aime pas les gens (bon, vous braquez pas, de loin, ça va). Du coup, ça pose comme un problème.

Parce qu’en général, pour acheter des choses, il faut sortir de sa tanière et aller dans la rue (c’est très désagréable, la rue). Il faut affronter l’adversité, se purger de ses peurs et les dominer. Très cathartique, comme processus. Mais je n’ai pas toujours envie d’affronter :

  • Les vendeuses (”Vous avez besoin d’aide ?” “Non-merci-je-ne-fais-que-regarder.”)
  • Les acheteuses (”Roh, il est sympa ce haut ! Vous me le passerez, après ?” “Heu, c’est-à-dire que c’est à moi.” “Oh.”)
  • La foule anonyme des trottoirs (ça ne devient personnel que quand on est dans le magasin. Surtout quand cette pouffiasse emporte pour l’essayer le machin que j’ai reposé à regret)
  • Les vêtements trop petits/trop grands/trop colorés ou déjà vendus
  • Les chaussures déjà vendues (est-ce ma faute si nous faisons toutes du 38?)

Acheter des choses est un calvaire, mais que ne ferai-je pas pour un peu de satisfaction immédiate ? (Bonne question, à vrai dire)

Du coup, prise par la frustration de l’absence de la taille de chaussures souhaitée, je tente l’achat en ligne. Il y a toutes sortes davantage à acheter en ligne. Déjà, on ne sort pas de chez soi. Ensuite. Euh. On relativise ?

Le problème, c’est qu’il faut attendre la livraison. Et ça dure un peu. Voire beaucoup.

L’attente dure.

Dure.

Dur.

Si mon colis n’arrive pas lundi, je saute par la fenêtre.

Edith : roh, Facteur, tu es un ange.

On a essayé de le teindre en rose, et si on le faisait briller ?

Thursday, January 28th, 2010

Internet, Internet, tu ne me laisse jamais tomber.

Jeudi dernier, nous avons examiné une hypothétique tendance : la peinture génitale. Cette semaine, nous pouvons passer à plus sophistiqué : la cristallisation génitale (ouais, ça fini pareil).

Jennifer Love Hewitt (je ne sais pas qui est cette dame et je n’ai pas eu envie de solliciter Wikipedia. Nous resterons tous ensemble dans l’ignorance) a informé le monde (et Internet) qu’elle… Nan, je vais la laisser s’exprimer.

“After a breakup, a friend of mine Swarovski crystalled my, um, precious lady,” Hewitt told Lopez. “It shined like a disco ball.”

“Precious lady” est un charmant euphémisme qui reste un euphémisme. De quoi parle-t-elle ?

Procédons méthodiquement. Love Hewitt a fait quelque chose à son/sa “precious lady” et le résultat est scintillant. Etant donné que le nom donné à ce délicieux gadget est le Swarovski Crystal Vajazzle, l’on peut déduire deux choses :

  1. Il y a des cristaux Swarovski
  2. A priori, sachant que l’Amérique, à la suite de Tyra, s’est amourachée du terme va-jay-jay, les cristaux Swarovski sont situés sur les parties génitales.

Problème : va-jay-jay – terme d’une sotte pudibonderie – désigne le vagin et est employé à contre-sens puisque, souvent, ce qui est ainsi appelé vagin est en réalité la vulve. Rappelons que le vagin est interne et que la vulve est externe.

Donc, Love Hewitt se colle-t-elle des cristaux Swarovski sur la vulve, le vagin, ou ailleurs ?

Cette amusante pratique provient d’un spa new-yorkais, qui, après vous avoir fait la totale (douleur…), vous propose un petit service en plus : décorer la zone nouvellement glabre de cristaux Swarovski (on va finir par croire que je suis sponsorisée) selon des motifs simples et de bon goût – étoile, coeur, papillon… Le service était désigné sous le nom de “completely bare with a Flair”, mais Love Hewitt a parlé, Vajazzle, ça sonne mieux.

Waow. J'hésite entre le coeur et le papillon. Je suis une fifille sensible, vous savez.

Waow. J'hésite entre le coeur et le papillon. Je suis une fifille sensible, vous savez.

Vu les motifs proposés (vous trouvez que c’est du Swarovski, ça ?), je suppute que l’on est sensé orner son pubis de la chose, et non vulve ou vagin (en même temps, faudrait être cruche pour mettre à ces endroits-là, parce qu’on perdrait sérieusement en sensibilité). C’est encore mieux que la perruque génitale (le merkin: “It’s a way of wearing pants when you don’t have any hair”).

A l’heure qu’il est, j’ai envoyé une demande de renseignement au spa en question, qui ne m’a pas encore répondu. Gardez les doigts croisés.

N’oublions pas que nos amis Lézhoms aiment ce qui brille :

“They LOVE it!” she said. “They love it even more especially when it’s a suprise.”

Roaarrrr

Roaarrrr

Moi aussi, j’aime les surprises à paillettes !

Hewitt liked the look so much she was sporting it again last night. “It’s hot pink for you for tonight,” she told Lopez.

Paris-Brest

Wednesday, January 27th, 2010

J’aime les gâteaux. Surtout les choux. Le chou, ça se fait en un tour de main, ça ne ressemble à rien quand on le met au four, mais à la sortie… Rien d’étonnant, donc,  si l’un de mes gâteaux fétiches est le Paris-Brest.

Crèèèèèèèème

Crèèèèèèèème

Pour des raisons d’implantation, d’abord : on ne peut pas avoir parcouru la ligne si souvent et ne pas éprouver un certain attachement pour le gâteau.

Chou !

Chou !

Ensuite, pour des raisons de gourmandise. Qui peut résister à tant de grâce patissière, tant de crème et de pâte à choux ?

Pralinez-moi ça !

Pralinez-moi ça !

Et enfin, pour des raisons de rareté. Des Paris-Brest, ça ne se trouve pas sous le sabot d’un cheval et en général, ce n’est pas une grande réussite. Le Paris-Brest est subtil : la crème doit être pralinée et légère, sans tomber dans le gras-sucré. Le chou doit être moelleux, et, idéalement, coiffé d’amandes croquantes.

Le Figaro – que je ne lis quasiment plus que pour ses pages gastronomiques et ses commentateurs extrémistes tant on s’y ennuie – vient de publier un test des meilleurs Paris-Brest de Paris (la presse française est un tantinet parisianiste). Je vous recommande cette série de tests, elle vaut la peine d’être lue : les tests sont faits en aveugle, selon des critères clairement identifiés et le résultat est toujours très intéressant.

Pour faire un choix, découvrir un endroit que l’on ne connaissait pas, c’est efficace (c’est ainsi que j’avais trouvé la galette au chocolat et elle était nettement moins chère que celle du boulanger du coin de la rue – sans parler du fait qu’elle lui était bien supérieure). Le problème, c’est qu’après, je rêve de patisseries, de restaurants, je frémis à les imaginer, j’en salive, j’en rêve, j’en bave…

Puis, je renifle l’odeur de purée de La-Ville-au-Nord.

Et la tête ? Alouette !

Tuesday, January 26th, 2010

Quand je pars pour La-Ville-au-Nord, en général, c’est pour une bonne partie de la semaine. J’apporte donc avec moi une valisette qui contient le nécessaire pour survivre.

Je me réveille à 6h10, m’habille, tout ça, arrive à la gare, prend le train de 6h58.

Je vérifie si j’ai bien ma tête : carte de train, ordinateur, pilule, clefs de Paris, clefs de La-Ville-au-No – clefs de La-Ville-au-Nord ? Houhou ?

Rien.

Ha.

C’est malin, aussi, de vérifier si l’on a bien tout quand le train est déjà parti.

Je fouille mes poches, mon sac à main, ma valise. Rien. Les clefs sont restées à Paris, dans la poche de mon jean. Je m’acharne. Puis abandonne. Puis re-fouille. Toujours rien.

Bon bon bon.

Ben faudra rentrer à Paris après les cours, c’est tout.

Je vais donc à la Grande Ecole, ma valise derrière.

J’assiste aux cours. Ma valise derrière.

Je pars pour la gare, ma valise derrière.

- Oh la la, comment tu te la pètes, à partir le mardi ! [Oui, l'étudiant de la Grande Ecole est subtil.]

- Ouais, en fait, j’ai oublié mes clefs… Alors, je rentre.

- Avec ta valise ? Tu veux pas la laisser chez moi ? [Il est serviable, aussi !]

- Nan, mais j’ai tout oublié ce matin, comme ça, je complèterai mon sac…

- Okay, mais tu pouvais laisser chez moi si tu voulais ! [Commentaires de ses potes : "Rahh, Bébert, tu ferais n'importe quoi pour inviter des gens chez toi !" N'en déduisez rien de scabreux, Bébert, solidement en couple, a la sociabilité très liante, voire collante.]

- J’ai compris, mais j’ai oublié des tas de trucs alors je rapporte tout. Regarde, c’est tout léger !

L’aurait plus manqué que Bébert, peinard en ses pénates, ouvre mon baise-en-ville et y trouve ma collection de sex-toys.

L’œil était dans la tombe, et regardait Caïn

Monday, January 25th, 2010

Comme je l’exposais, Shovel, mon frère (cadet) (mais majeur), était dans l‘incapacité de faire sa lessive. D’abord parce qu’il était en révision de partiels, et ensuite parce que je crois bien qu’il ne l’a jamais faite (l’option pressing, bien que tentante, me paraît peu viable financièrement).

Mon frère, la pelle.

Shovel, donc, dépend exclusivement des bonnes âmes (des bonnes femmes, oui) de sa famille pour conserver un minimum de respect social. Beaucoup de gens perdent tout respect pour les gens portant toujours le même t-shirt pourri. Surtout si le t-shirt est à l’évidence gratuit, à l’évidence un t-shirt de staff d’une asso étudiante, et, à l’évidence celui d’une asso n’appartenant pas à l’Ecole d’Informatique. Parce que les t-shirts ont été fournis par la Souris.

Et oui, quand je trouve des t-shirts pourraves qui traînent, je demande aux gens s’ils veulent bien me les donner, mon petit frère aiment ça. J’ai donc pu faire le triste bilan qui suit. Sur les 9 t-shirts que j’ai lavé, j’ai relevé qu’il y avait:

  • 2 t-shirts Puma
  • 1 t-shirt de l’Ecole d’Informatique
  • 1 t-shirt d’une ancienne campagne BDE de la Grande Ecole (le slogan étant vaguement informatique, ça doit passer)
  • 3 t-shirts “Staff” d’une asso de karting de la Grande Ecole
  • 2 t-shirts de l’asso de littérature de la Grande Ecole (slogan : “livre-toi”, l’Ecole d’Informatique en fera ce qu’elle voudra…)

Que du beau linge en somme.

Donc, tout ce petit trésor de créativité commence à être sérieusement usé. Ceci est un appel aux masses laborieuses : sauvez Shovel, offrez-lui des t-shirts cools !

(Pour conseil, renseignez-vous auprès du Hibou – qui rêva pendant 3 ans d’un t-shirt avant qu’un généreux donateur ne lui en fasse cadeau – ou référez-vous aux bonnes crêmeries)

En voilà du t-shirt raisonnable !

N’oublions pas que Shovel, qui est un grand garçon ( soulignons-le, ça n’est pas forcément immédiatement apparent comme information), se fait aussi à manger.

- J’ai découvert un truc : quand tu rajoutes des machins dans la soupe en brique du supermarché, ben, ça l’améliore vachement.

- Ah oui ? [fait la Souris, s'imaginant naïvement que son frère* irait y mettre des onions revenus à la poêle, des lardons, des croutons ou du fromage.]

- Ouais, j’ai mis du sel et du poivre et waaaaaaaaa !

- Ah, oui.

- Et de l’huile aussi ! C’est fou la différence que ça fait l’huile ! C’est super bon !

- … Oui.

Oui, n’est-ce pas. C’est émouvant, la découverte des condiments. L’homme civilisé qui assaisonne sa pitance, tout ça…

J’m'en fous, la prochaine fois, c’est Grand-Mère qui s’y colle.

*Je confondais mes deux frères. C’est quelque chose que HeX ferait, pas Shovel.

Gaga oh la la

Sunday, January 24th, 2010

Le dimanche, c’est crêpes. Mais c’est aussi musique, et pas n’importe laquelle (comprendre : le dimanche, c’est musique de chiotte).

Le dimanche, c’est Lady Gaga. (Pour moi, en tout cas.) Le Hibou essaie de varier un peu les plaisirs en mettant également Cascada ou Rammstein, mais je ne mets que du Lady Gaga.

J’ai une petite obsession malsaine pour Lady Gaga. En général, ça ne transparaît pas trop, mais le dimanche, impossible de la dissimuler.

Le dimanche, je rêve de poupées Gaga

Le dimanche, je rêve de cookies Gaga

Le dimanche, je rêve de maquillage Gaga

Le dimanche, c’est si simple…

Rah-rah-ah-ah-ah, Roma, Roma-ma, Gaga oh la la

Je peux décider d’aller à des concerts (de Lady Gaga) (vaguement prévus) (sauf qu’il n’y a pas de vente de tickets), je peux m’inventer des costumes Gagaesques (c’est pratique les maillots de bain bustier de Grand-Mère). Le dimanche, c’est chouette.

A force d’écouter la vois hypnotique de Michelle Phan, j’en oublierai presque l’arrivée immuable du lundi.

Cacosmie habituelle

Friday, January 22nd, 2010

Dans La-Ville-au-Nord flotte un parfum persistant. Un peu doucereux, un peu collant et surtout très alimentaire.

En un mot comme en cent, La-Ville-au-Nord sent la purée.

Oh ! Quelle belle. Purée.

Il y a des endroits où l’odeur est plus prononcée, comme dans le métro ou autour de la Grande Ecole. Parfois, ça ne sent rien du tout – sauf l’air frais – pendant des mois. Et tout d’un coup, ça revient (pas exclusivement pendant l’hiver d’ailleurs).

Et à chaque fois, je me sens partagée entre l’envie de baffrer une platée de purée et celle de me boucher le nez, parce que mon estomac va abdiquer, là, tout de suite, maintenant, et se déverser sur mes chaussures. (Quand on sait le soin que j’en prend, on comprend mon apnée.)

La-Ville-au-Nord n’est pas la seule à me faire le coup de la purée. A Marseille aussi, il me semblait renifler un relent de saucisson dans le métro (l’odeur était moins forte). La Lionne en sentait (du saucisson) dans le métro de Pékin. Et mon père, dans sa voiture, hurle que ça sent l’urine de félin domestique*.

Alors quoi ? Sommes nous tous atteints de cacosmie ?

Trouble de l’odorat qui amène les patients à aimer ou percevoir des odeurs fétides, putrides ou réputées désagréables.

Merci, Wikipedia.

On lâche l’affaire, ça doit pas être ça. L’hypochondrie, ça ne me ressemble pas trop. Et il n’y a que dans La-Ville-au-Nord que l’odeur de purée m’écoeure. Ailleurs, j’ai juste faim. Peut-être est-ce une de ces histoires de relativité : il y a des gens chez qui ça sent juste mauvais. Comme dans Fondation, tenez ! Quand les héros (chais plus lesquels, c’était ya longtemps) débarquent sur une nouvelle planète, elle pue.

Ben, La-Ville-au-Nord, elle me fait le même effet. C’est le choc planétaire permanent. Et ça fait 3 ans que ça dure.

*Dans son cas, c’est parce que le chat s’était, par vengeance, soulagé dans les grilles d’aération. Le paternel appréciant le chauffage, le parfum s’est un peu diffusé.

Mon nouveau bouton rose

Thursday, January 21st, 2010

Je suis certaine que vous le saviez déjà, mais la moitié du boulot en market’, c’est de créer un besoin qui n’existait pas encore.

Par exemple, Herbal Essence insiste pour que j’éprouve un orgasme en me lavant les cheveux, Béghin Say veut que j’utilise un paquet de sucre non rigide et donc, automatiquement, plus fun, et My New Pink Button veut me convaincre qu’il faut que je me rosisse la vulve.

Ah ben tiens, en voilà une idée qu’elle est bonne ! Rosissons-nous les parties génitales dans la joie et la bonne humeur ! Voilà un besoin que je – je ne pense pas être la seule – ne m’étais pas encore découvert : me peinturlurer les parties génitales…

Parce que, figurez-vous, avec le temps (oui oui, c’est la faute de l’accouchement, de l’alimentation, des opérations, des hormones. En gros, on vieillit) les parties génitales féminines passent du rose au brun. Et ça nous déstabilise, dixit la géniale créatrice de ce produit, qui n’est plus un tendron de l’année non plus. C’est angoissant, tout ça, et comme ça nous angoisse, on va se faire une petit teinture !

Maintenant, la question qui s’impose – à juste raison – est de savoir comment toutes ces stressées parviennent à se découvrir de la mauvaise couleur.

Parce que, perso, je ne me plie pas en quatre tous les jours pour m’inspecter chaque poil pubien. (Non, je ne vérifie pas avec un miroir non plus.) Si c’est leur partenaire qui vient faire la police de la couleur pour elles, j’aimerai bien savoir ce qu’il vient trifouiller là-dedans pour voir la couleur de la vulve au repos. En temps normal (de trifouillage, s’entend), elle est plutôt purpurine/violacée que rose tendre (ça vous fait cet effet-là, d’être gorgée de sang).

Que la peau fonce est un phénomène parfaitement normal, qu’on veuille l’éviter me paraît futile mais, après tout, pourquoi pas… Si ça peut faire plaisir à certaines (ou certains, le produit peut être utilisé sur les hommes également. Et les tétons.)

Mais, en tout cas, il en faudra un peu plus pour que je me lance dans la peinture corporelle intime d’abord parce qu’un dandy qui refuse de coucher avec moi parce que je ne suis pas couleur “fillette pré-pubère” “fraîche-petite-rose”, je l’envoie paître, et ensuite parce que c’est peut-être imprudent…

Q. “Is this safe to use or FDA approved”?

A. The ingredients are all individually FDA approved for consumption. Like any other cosmetic product, if you experience discomfort, discontinue use.

Euh, oui ? Donc, chaque élément pris individuellement est sans danger, mais pas de garantie sur le mélange ? Et il faudrait l’appliquer sur une muqueuse en plus ? Il me semble que c’est une excellente idée !

Bon, je vais peut-être attendre encore un peu, ce n’est pas un succès total d’après I, Asshole. C’est même un échec. Le genre d’échec qui vous fait mal et qu’il faut abondemment rincer.

Le gardien de mon frère

Wednesday, January 20th, 2010

Mon frère fait des études d’ingénieur informaticien. A Paris, ce qui veut dire que je le vois chaque fois que c’est la semaine des quatre jeudis.

Il correspond à un certain nombre de stéréotypes (sinon, c’est pas drôle). Par exemple, il est tout pâle. Ou encore, il est tout maigre.

Et il ne lave pas son linge.

Une fois par mois, il prend le train (ma famille et moi, on aime les trains. C’est plus fort que nous). Il rentre chez nos parents, et là, Maman fait sa lessive.

Sauf que rentrer chez nos parents, ça veut dire 4 heures et demi de train. Dans les bons jours. Dans les mauvais jours, ça ressemble plus à 5 heures. Toujours est-il, il fait près de 9 heures de train pour confier son linge (composé d’une impressionante quantité de t-shirts publicitaires gratuits) aux blanches mains maternelles. C’est impressionnant. On sent que Maman a su fidéliser le consommateur.

Mais ce mois-ci, il ne rentre pas assez longtemps pour que le linge ait le temps de sécher. Donc, l’on me demanda de me charger de la chose – c’est-à-dire, la lessive.

J’avais vaguement envisagé de stocker tout ça et de l’apporter, la bouche en coeur et le coeur sur la main, à ma mère, le week-end prochain. Sauf que. Petit Frère (Shovel de son petit nom) est ingénieur informaticien. Et quand j’ai accusé réception des 5 kilos de t-shirts publicitaires, ça sentait légèrement le fennec. Ou pire. Un fennec qui se serait roulé dans une fosse septique et qui aurait ensuite vomi. Voilà. Quelque chose comme ça. Il paraît que c’est normal et que ça arrive, surtout quand on code 20 heures dans le même t-shirt. Ah bon.

Donc, j’ai pris mon courage à deux mains, enfilé des gants (pour la vaisselle) et j’ai tassé tout ça dans la machine à laver. En jurant et en respirant par la bouche.

Je suis faible.

Où il est question de baptême et de Lady Gaga (mais les deux ne sont pas liés)

Tuesday, January 19th, 2010

Je vis actuellement en alternance avec le Hibou (l’alternance est avec La-Ville-au-Nord) et j’ai l’intention de faire passer cela à la permanence dans un avenir plus ou moins proche.

L’avenir est plus ou moins proche pour tout un ensemble de questions, en particulier celle de la religion. Enfin. Des religions. Parce que, môa, je suis une catholique bon teint (et bon chic bon genre, si vous savez lire un peu entre les lignes, bordel à chier, kô-aaah). Mais le Hibou a le mauvais goût d’être orthodoxe, et on s’est disputé ya un petit millénaire avec ces ânes batés (incapables de reconnaître la supériorité et l’autorité naturelle du Siège de Pierre, les cons).

Donc, comme c’est moins chiant d’épouser un orthodoxe qu’un athée, j’épouse l’orthodoxe. (L’athée en lui fait parfois un peu la gueule.) Pour épouser l’orthodoxe, il me faut deux ou trois bricoles, dont un certificat de baptême en bonne et due forme. Bizarrement, quand les gens émigrent, le certificat de baptême n’est pas une de leurs priorité. Ouais, je sais. Moi aussi ça m’a laissée sans voix.

La quête du certificat de baptême a donc été lancée en grande pompe. Quête un peu complexe, les dictatures communistes ne tenaient pas tant que ça à permettre aux tovaritchs de s’abreuver de lait (opiacée) à la mamelle de notre Sainte Mère l’Eglise (sauf que comme c’est une Eglise orthodoxe, elle est légèrement moins bien que si c’était la catholique. Vous suivez ?). Donc le Très Vieux Hibou téléphone aux popes (ou au pope, c’est difficile de parler à plusieurs dans un combiné. Mais peut-être ont-ils fait un conf call. C’est hype. Je suis hype.) et leur dit (en natif. C’est la langue que l’on parle en Estrangie, comme dirait Pétronille.) :

- Le Hibou voudrait son certificat de baptême.

- Pas de problème. Pourquoi il veut son certificat, le petit Hibou ?

- Bah, il va se marier avec une Souris catholique et…

- Ah mais faut la convertir la Souris ! Le petit Hibou a pas envie qu’elle soit une bonne orthodoxe, sa Souris ?

- Ben, c’est-à-dire… Faudrait savoir… pour le certificat d’abord…

- Eh, mais bien sûr qu’il est baptisé, le petit. C’est un bon Natif et tous les Natifs sont de bons orthodoxes. D’ailleurs, vous aussi, vous êtes un bon orthodoxe, on va vous envoyer le certificat et vous allez faire une donation. Comme un bon orthodoxe.

- Oui ?

- Oui.

C’est funky groovy, la Nativie. Maintenant, je vous laisse. Je vais bosser ma théologie et m’entrainer à compter les billets dans une enveloppe rien qu’en la palpant.

Sinon, vous trouvez pas que ça ressemble vachement à quelque chose que Lady Gaga porterait ?

Sympa, la formation cristalline. Mais pas forcément très confortable.

C’est l’oeuvre d’un certain Guo Pei (ce nom me dit quelque chose…) et ça a été présenté à la Hong Kong Fashion Week, lors du HK Fashion Extravaganza 2010  (Photo par Victor Fraile/Getty Images). Avec la sagesse et le flair modesque (je peux si je veux) qui me caractérisent, je vous fais noter les chaussures, choix assez infortuné, qui déséquilibrent la composition.

Mais bon, on n’a pas vu le haut. Pics, plz.

Moi aussi je peux jouer à la bloggueuse mode qui se la pète (ouais, Victime, tu te disais que dimanche, c’était une brève aberration ? Que dalle).